Rechercher
  • Julien Croisier

En voiture, on rame

Les aventures de Renalinges (3/3)


Replongeons dans la commune de Renalinges. Une analyse 3M (macro, méso, micro) avait permis de souligner les opportunités de changement, mais aussi les barrières potentielles à celui-ci. En résumé :


Si tout est possible, rien n’est simple. Il n’existe pas de formule magique, mais plutôt des recettes spécifiques à affiner pour chaque palais en fonction des ingrédients à disposition.


Dans le cas de Renalinges, l’objectif de réduire l’utilisation de véhicules individuels motorisés – en fait, les voitures ne transportant qu’une seule personne – peut être atteint en reprenant les facteurs identifiés lors de notre évaluation.


Et pour ne plus vous faire attendre trop longtemps, passons à table. Voici notre carte :

Les choux gras : une culture positive et agréable de la durabilité

Selon les résultats de notre sondage détaillé, une partie de la population est déjà sensibilisée aux problématiques, une autre n’y pense pas et la dernière montre même un certain agacement. Afin de travailler le plus efficacement possible nous avons développé une campagne de communication qui sera transmise par la commune à ses habitant·e·s sous la forme d’un tout ménage selon les principes de notre guide « Communiquer la durabilité ».

La commune est un exemple pour ses habitant·e·s, le tout-ménage raconte donc dans sa première partie les habitudes de déplacement de certain·e·s de ses élu·e·s sous forme de petites histoires.


Dans la deuxième partie, plus informative, un guide des bonnes pratiques de mobilité est présenté dans un format clés en mains et des infographies simples pour aller jusqu’à une présentation des concepts développés en partenariat avec Canopée Project et les autres intervenant·e·s.


Sur la dernière page, un code QR « mystère » renvoie vers une page web contenant un questionnaire COM-B développé par nos soins. Celui-ci permet à chacune et chacun, en répondant à quelques questions, d’obtenir la solution la plus adaptée à sa situation.

Plateforme de co-voiturage facilité, sur son lit de frais limités

Nous avons contacté le garage hébergeant le club automobile de Renalinges pour l’inclure dans les discussions. Il a été proposé que le garage - situé sur une route donnant accès à Gesanne – serve de point de rencontre pour la création d’un système de co-voiturage. Ce système comprend une facette de déplacements pendulaires, mais aussi de déplacements pour se rendre au supermarché, ou pour transporter des meubles au besoin.


Ainsi, les membres du club deviennent acteur·trice·s du changement et peuvent apporter leur pierre à l’édifice, tout en maintenant une partie de leurs habitudes. La barrière potentielle devient levier de changement, et un service utile à la population est mis en place par la population elle-même.


Cuisses de rêve et croustillant de bien-être : À vélo pour ma santé

Les expert·e·s de mobilité et les personnes impliquées dans le service de livraison à vélo et les magasins de vente/réparation ont travaillé avec le service des routes et de mobilité de la commune pour identifier les parcours les plus utilisés par les cyclistes.

En suivant le même raisonnement que Abraham Wald pendant la Seconde Guerre Mondiale pour le blindage à mettre en place sur les avions britanniques, nous recommandons de favoriser la mise en place d’infrastructures sécurisées sur les routes les moins utilisées par les cyclistes.



Sur la base d’une cartographie des dégâts subis par les avions revenus du combat (ci-dessus), Wald avait proposé de blinder les parties non colorées en rouge, plutôt que l’inverse. Étrange ? Pas tant que cela si l’on pense que l’échantillon utilisé consistait uniquement d’avions revenus du combat et donc pas abattus. Les parties claires devaient donc être les plus vulnérables, et on pourrait, en les blindant, augmenter le nombre d’avions revenant à bon (aéro)port.


La même logique peut être adoptée pour les cyclistes de Renalinges. Si l’on se concentre sur les personnes déjà habituées à rouler dans le trafic, on rend leur vie plus agréable mais on ne favorise pas l’accès à de nouveaux cyclistes ayant besoin de plus de sécurité.


Nous avons donc opté pour des parcours neufs, séparés des voitures (et donc sur des axes moins fréquentés) et adaptés afin de favoriser l’arrivée de nouveaux·elles cyclistes.

Le tout est accompagné d’une communication autour des bienfaits du vélo pour la santé, et d’un engagement facilité par un parc de vélos électriques en libre-service obtenus en seconde main avec l’aide des magasins de réparation.


À partager : Sardines aérées

Les TG – transports publics gesannois – ont confirmé l’arrivée prochaine de cadences augmentées de leurs véhicules aux heures de pointe, ainsi que des parcs à vélos couverts et sécurisés aux abords des arrêts de bus. Comme ce déploiement ne se fera pas dans l’immédiat, nous pouvons nous concentrer sur un travail préalable afin de faciliter l’adhésion aux nouvelles mesures prévues.


Ainsi, nous avons décidé de cibler en priorité les habitant·e·s ne prenant pas encore les transports publics ou étant attachés à leur voiture en changeant de la narrative souvent transmise en durabilité basée sur le principe « d’arrêter de faire quelque chose » pour passer à un format basé sur le gain de nouveaux avantages : « Grâce aux transports publics je… ». Cette nouvelle perception est développée sur une grande fresque participative mise place devant l’entrée du centre commercial du village par lequel passent la majorité des habitant·e·s.


Ce format doit permettre aux personnes de lire des témoignages positifs de leurs expériences en transports publics, et donc de se préparer à les utiliser de manière plus accrue une fois l’offre développée. Voici quelques exemples des témoignages déjà récoltés :

En bref, et pour finir

Nous avons dessiné des interventions aussi réalistes que possible en fonction du contexte et des moyens à disposition. Évidemment, ces solutions ne sont qu’une partie des efforts à fournir pour que Renalinges évolue vers une mobilité douce accrue, mais notre vision se concentre sur des petits changements pour commencer, et la réussite de ceux-ci pour créer des dynamiques positives.


À nouveau, pas de miracle, mais des interventions ayant le mérite de prendre en compte les barrières et leviers existants. Des mesures d’impact systématique viennent compléter le tout afin de pouvoir communiquer régulièrement sur les progrès faits par les habitant·e·s vers plus de durabilité et donc de créer une expérience positive du changement, afin d’en entraîner d’autres, et d’autres… et puis encore quelques-uns.

29 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout

Le problème de la « maladie asiatique » Kahneman et Tversky, 1982 (tout lien avec les événements actuels n’est alors que hasard et non une référence de mauvais goût) Imaginez (oui imaginez) qu’une mal