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  • Yoann Favre

La connaissance pour l’action… ben ça suffit pas

Dernière mise à jour : 27 juil. 2021

Les déterminants des comportements durables sont un sujet très étudié dans la littérature. Mais plus on lit, plus on se perd. Entre motivations, croyances, sentiment d’efficacité, connaissances à propos de l’environnement et j’en passe, on finit par penser que sans la collection complète, aucun progrès n’est possible. Mais pourquoi avoir connaissance des problématiques environnementales ne suffit nécessairement pas pour agir en fonction ?

Liu et al. (2020), dans une récente étude sur le sujet, nous donnent trois raisons à cela.

  1. « Les connaissances environnementales, parce qu’elles sont enseignées dans les écoles, ne sont pas orientées vers l’action. »

  2. « L’éducation environnementale dans les écoles s’est traditionnellement concentrée sur le transfert de connaissances aux étudiants. Ainsi, l’éducation environnementale n’offre pas aux étudiants la possibilité d’intégrer activement ces connaissances. »

On a tous×tes eu droit, à l’école, à ce joli dessin de la terre et des rayons du soleil qui rebondissent entre elle et l’atmosphère pour apprendre ce qu’est l’effet de serre. En revanche, difficile de se souvenir de la partie sur « comment empêcher cela ? ». Ces deux constats peuvent alors sembler similaires mais mettent néanmoins en évidence l’importance de distinguer connaissance et action. Pour beaucoup, il n’a jamais été envisagé d’utiliser les mathématiques dans la vie quotidienne au moment de leur apprentissage. On recevait alors des connaissances dont on ne servait pas, sauf besoin, par exemple en cas de poursuite des études dans ce domaine. Les « connaissances » à propos de l’environnement sont alors, si tant est qu’elles le soient, enseignées de manière similaire.

Par ailleurs, comme l’ont noté Scannell et Gifford (2013) :

  1. « les changements qui en résultent sont généralement limités aux personnes qui s’intéressaient déjà au sujet. »

Par conséquent, les connaissances environnementales ne peuvent susciter des comportements pro-environnementaux que chez ceux·celles qui se préoccupaient déjà des questions environnementales.

Ces constats peuvent paraître décourageants, mais ce n’est qu’en en ayant conscience que des approches utiles peuvent se mettre en place. Par « approches utiles », nous entendons des actions répondant de ces limites. En liant problèmes et solutions dans l’enseignement des problématiques environnementales pour favoriser leur appropriation, ou en mettant en place des méthodes visant à convaincre les non-convaincus, les sciences du comportement prennent tout leur sens et permettent de remettre l’humain au centre de la durabilité, dans un climat non culpabilisant et inclusif. Plus concrètement, l’enseignement basé sur la collaboration et la co-construction des apprentissages (débats, ateliers en groupes, etc.) représente le moyen le plus efficace pour s’approprier une connaissance. Une fois cette connaissance intériorisée, son application par la mise en place de comportements plus durables semble bien plus évidente. Pour reprendre l’exemple des mathématiques, l’apprentissage de formules, quand on ne sait pas comment les appliquer et pourquoi, sera vite remplacé par quelque chose de moins abstrait une fois l’école terminée.

Liu, P., Teng, M., & Han, C. (2020). How does environmental knowledge translate into pro-environmental behaviors? : The mediating role of environmental attitudes and behavioral intentions. Science of The Total Environment, 728, 138126. https://doi.org/10.1016/j.scitotenv.2020.138126

Scannell, L., & Gifford, R. (2013). Personally relevant climate change: The role of place attachment and local versus global message framing in engagement. Environment and Behavior, 45(1), 60-85.


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